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Réussir, ce n’est plus forcément grimper dans la hiérarchie : et si l’on redéfinissait son ambition ?
On associe encore souvent l'ambition à une seule image : grimper, diriger, occuper le poste au-dessus et voir les personnes qui nous sont rattachées être de plus en plus nombreuses. Pourtant, ce n'est ni la seule façon de progresser, ni celle que recherche la nouvelle génération.
Une image un peu hollywoodienne de l’ambition
Nous portons tous une image héritée du cinéma : celle du jeune loup aux dents longues qui gravit la hiérarchie à coups de jeux de pouvoir et en marchant sur la tête des autres.
S’il est vrai que cette caricature n’est pas complètement inventée, ce n’est pourtant pas ainsi que la plupart des gens se perçoivent, ni qu’ils vivent leurs progrès au travail.
Le problème, c’est que ce cliché finit par déteindre sur l’idée que l’on se fait de l’ambition. Comme si chercher un nouveau poste ou une progression dans l’organigramme était quelque chose à justifier.
La hiérarchie n’est plus le seul horizon
Une tendance récente vient en rupture avec cette idée : le « conscious unbossing », ainsi nommée par le cabinet Robert Walters à la suite d’une étude de 2024 et qu’on pourrait baptiser en français « ambition sans galons ».
Quelle que soit la langue, elle désigne le choix délibéré de ne pas accéder à des fonctions d’encadrement, ou d’en sortir et selon cette étude, 52 % des jeunes de la génération Z ne souhaitent pas occuper de fonctions managériales.
Portée par les plus jeunes, cette posture peut inspirer toutes les générations car il ne s’agit pas d’un manque d’ambition, mais d’une autre définition de la réussite.
L’anthropologue David Graeber avait d’ailleurs proposé la notion de « féodalité managériale » dès 2018, dans son livre Bullshit Jobs. Il y décrivait l’absurdité d’un monde de l’entreprise où la taille de l’équipe est le premier indicateur de statut et de pouvoir, produisant ainsi une inflation des équipes sans rapport avéré avec la productivité réelle ou les besoins du terrain.
Prendre ses distances avec cette logique a donc son intérêt et n’est absolument pas synonyme de renoncement. C’est choisir une autre manière de grandir.
On ne se sent pas nécessairement plus accompli parce qu’une équipe plus nombreuse dépend de soi mais plutôt parce que l’on s’enrichit d’expériences nouvelles et humaines en continu.
Progresser autrement, par la mobilité interne
Progresser ne voudrait donc plus forcément dire monter mais pourrait consister à apprendre dans des domaines connexes, se déplacer le long de la chaîne de valeur de son organisation, changer de métier sans changer d’employeur.
La mobilité interne et latérale devient alors un véritable chemin d’épanouissement. On y enrichit ses compétences sur le terrain, à travers la réalité des métiers et des expériences que l’organisation a à offrir, on y affine sa connaissance d’un secteur, d’un marché et de ses processus.
C’est aussi l’une des réponses les plus efficaces à l’ennui professionnel : plutôt que de conquérir, on explore.
Et contrairement à l’ascension, ce chemin ne met personne sous pression. Il peut même soulager les salariés les plus expérimentés, pour qui l’échelon supérieur n’attire plus ou n’existe pas.
Ce que l’on cherche vraiment, c’est le lien
Derrière toutes ces évolutions transparaît un même besoin, selon le rapport Mercer Global Talent Trends, 94 % des salariés disent vouloir une expérience de travail plus humaine, faite de confiance, d’appartenance et de sens.
Ce qui est recherché, au fond, c’est le lien : à son organisation et à la communauté professionnelle à laquelle on appartient.
Le développement personnel, le sentiment de continuer d’apprendre, de compter par l’influence plus que par le contrôle, pèsent aujourd’hui davantage que la seule position hiérarchique.
Pour les organisations aussi, le bénéfice est réel : des collaborateurs qui circulent acquièrent une connaissance plus fine et plus robuste de leur environnement.
Donner d’autres couleurs à son parcours
Redéfinir ainsi son ambition n’a pourtant rien d’évident, justement parce que le modèle vertical reste profondément ancré.
Un conseiller en évolution professionnelle est compétent pour aider à prendre le temps d’identifier ce que l’on souhaite enrichir, repérer les chemins latéraux et les possibilités internes que l’on ne voit pas depuis l’intérieur de son poste, et construire un projet qui nous ressemble, qu’il s’agisse d’une mobilité dans la même organisation, d’un poste ailleurs, d’une activité indépendante ou d’une reconversion.
Mon CEP est un service public gratuit et confidentiel, ouvert à tous les salariés du secteur privé et aux travailleurs indépendants.
Au fond, l’ambition n’est pas seulement l’envie de monter. C’est aussi, et peut-être avant tout, l’envie de continuer à grandir.
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